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Voici quelques extraits du livre "Autiste de père en fils !", de Jean-Marc Bonifay, éditions A La Fabrique - ces extraits sont publiés ici avec l'accord de l'auteur :

Extrait de la préface, par le Dr Bruno Gepner :

" Son livre révèle un homme très contrasté, à la fois gentil, timide et doux, et pouvant donner parfois l'impression de dureté, voire de violence, à l'image et à l'aune de sa vie ; à la fois très altruiste et très autocentré ; à la fois très intelligent et très naïf ; à la fois humble et fier, voire immodeste, mais sans vanité, ni volonté de pouvoir.

Les contrastes sont l'apanage de l'autisme.

Jean-Marc Bonifay nous livre un témoignage honnête, passionné, sans concession, sur sa vie difficile d'être humain particulier, autiste Asperger, père d'un adolescent autiste, président associatif hyperactif. Il nous fait part de son essentiel, et nous fait partager certains fruits de sa vie, de ses épreuves, de ses observations, de ses réflexions, au bénéfice du peuple autistique qui n'a pas fini de nous étonner, nous questionner, et nous enseigner sur lui-même, nous et le monde."

Extrait du livre, chapitre "les années lycée" :

" On découvre que l'on a pas le droit de penser par soi-même à l'école, même en argumentant et en développant son idée sur trois pages. Il faut en fait mentir et disserter sur les idées de l'enseignant et non sur les nôtres. On doit être formaté, donc non aux libres penseurs, et non aux différences...

Après avoir été obligé de redoubler, cet élève que j'étais, certes capable, mais avec des idées non acceptables, en tira la leçon et comprit qu'il fallait faire semblant d'être d'accord, et surtout ne pas penser par soi-même, du moins en public et surtout à l'école.

Et il y a une règle essentielle de la société, parmi les habiletés sociales qui font défaut aux autistes, il s'agit en fait de la capacité à mentir !

Donc rebelote, même professeur, même dissertation sur la famille, et alors moi, l'Asperger qui s'ignorait encore puisque je n'étais pas diagnostiqué, j'écrivis ce qu'on attendait de moi, avec dégoût, pour pouvoir passer en première et j'eus, pour mon étroitesse d'esprit et les idées des autres apprises par cœur, la note rare de dix-huit sur vingt en sciences économiques, la meilleure note du lycée... Et une moyenne cette année-là de seize sur vingt dans cette matière.

Bref j'ai compris que l'école ne créait pas des gens capables de penser, mais les formatait pour qu'ils soient adaptés à notre société, en en faisant des pions bien dociles, qui croient après faire partie d'une élite, mais en fait ils ne disent que ce qu'on leur dit de dire...

Et il y a une règle essentielle de la société, parmi les habiletés sociales qui font défaut aux autistes, il s'agit en fait de la capacité à mentir !

Ensuite pourquoi juger un élève incapable s'il ne réussit pas dans une matière quand il n'en voit pas l'intérêt, alors que dans d'autres, il trouve du plaisir et pourrait se servir de sa soif de savoir pour des résultats excellents et voire faire avancer les choses ?

Mais voilà en France il y a un programme établi et il faut le suivre comme des moutons, en asservissant des potentiels et des créativités certaines."

Autre extrait, à propos du regard :

" Quand j'étais enfant, j'avais du mal à regarder dans les yeux, les enfants s'amusaient à écarter de leurs doigts leurs yeux pour que je vois le rouge de l'œil, et alors mes yeux pleuraient et c'était insoutenable... ma sœur maîtrisait cette torture à la perfection.

Surprise, en octobre 2013, mon fils me dit mot pour mot la même chose... une fois de plus.

Le regard c'est simple, c'est d'une intensité trop forte, et puis on a peur qu'on lise en nous, mais aussi il est difficile de se concentrer sur la conversation et le regard en même temps, ce qui me vaut en général un "tu m'écoutes?" et là, surprise de l'interlocuteur car je peux lui répéter mot à mot ce qu'il a dit !

Mais je suis capable d'un regard intense qui fixe dans certains cas, inapproprié et qui met mal à l'aise, il paraît que c'est le regard utilisé soit pour la haine, soit pour l'amour."

Autre extrait à propos de la dépression :

" La dépression est malheureusement fréquente chez les Asperger. En général il s'agit d'épisodes dépressifs chroniques, réactionnels. Je m'explique : nous sommes totalement différents des autres, et nos capacités intellectuelles ont pour conséquence que nous en sommes conscients, là est le problème... il est clair que vivre en permanence en étant "décalé" par rapport aux autres n'est pas sans conséquence, surtout quand on a un cerveau qui "cogite". "

Extrait de l'épilogue, par Christine Philip :

" Il est autiste oui, mais il est aussi lui-même, ce personnage unique, singulier, avec ses deux facettes qui entrent en contradiction l'une avec l'autre : avec d'un côté ce personnage en apparence froid et dur (Iceman) et de l'autre un personnage sensible et même "maternant" avec ses enfants, comme le lui reprochent certains psy parce qu'il semble ne pas jouer son "rôle de père"... "

Pour aller plus loin :

Voir le blog de l'auteur en cliquant ici.

D'autres avis sur 2 autres blogs :

Blog "My books my passion"

Blog "pourquoi t'es grosse madame"

Où se procurer le livre ?

http://www.alafabrique-editions-handicap.com/autiste-de-père-en-fils.html

Livre : "Autiste de père en fils !", de Jean-Marc Bonifay
Tag(s) : #Lectures, #Témoignages, #Liens

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