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Par Pauline, adolescente aspie :

C'est avec le divorce de ses parents que Pauline a compris qu'elle avait le syndrome d'Asperger.

Je pense que j’ai eu une enfance assez classique bien que je n’avais pas vraiment d’amis. Mais tout s’est compliqué lors de mes années de 5ème et 4ème. Mes parents se sont séparés. Au début, c’était des disputes, et des réconciliations puis sont arrivées les disputes plus importantes. Je me rattachais beaucoup à mes objets à cette période là, j’étais fan de Diddl, j’avais une grande collection que je cachais sous le lit de mon frère. Un jour, je devais aller chez une amie qui habitait dans la même rue que moi. Ma mère devait m’y emmener dans 5 minutes, je buvais un thé dans la cuisine. Et dans le salon, une dispute éclata, mais je suis restée comme insensible car pour moi rien ne s’était passé. Au bout d’un an de conflit, ce fut le divorce. Et c’est là que l’autisme a refait surface car depuis mon enfance, il était assez léger pour ne pas être remarquable. J’avais une atmosphère familiale calme et stable avec une vie très routinière. Le divorce, c’est le changement de vie. Je n’avais plus 1 maison dans laquelle j’avais vécu jusqu'à présent mais deux appartements. Cela impliquait une semaine chez papa et une chez maman. Et aussi deux éducations bien différentes. Ce n’était plus le même trajet pour aller à l’école donc plus les mêmes horaires pour partir et rentrer. Plus les mêmes repères spatiaux. Et l’autisme s’est fait remarquer car je ne supportais pas ce changement mais je suis restée discrète donc mes parents voyaient cela comme une crise d’adolescence, une enfant rebelle. Que c’était de ma faute que j’étais méchante que je les rendais triste. Mais en vérité, c’était moi qui étais triste. Puis en 4ème, j’ai rencontré une surveillante au collège qui était joyeuse et c’est devenu mon modèle. Mais bien sûr, n’ayant aucune limite, cela ne s’est pas très bien passé. J’étais alors, la petite ado qui embêtait les adultes. Ma mère m’a emmenée chez une psychologue. Mais ce fut un échec car au bout de 4 mois, ma mère arrêta car il y avait toujours des conflits et ma mère ne voyait pas d’arrangement dans mon comportement. C’est évident on ne peut pas dire à un enfant d’être sage. Donc je m’enfermais un peu plus chaque jour dans cette incompréhension du monde. Jusqu’en fin de 3ème, voulant me donner la mort. C’est là qu’une personne m’a vraiment aidée. La directrice du collège était très impressionnante de par sa voix et sa corpulence. Certains professeurs ont remarqué que je n’étais pas bien et j’ai été convoquée chez la directrice. Moment très très dur car j’ai tout avoué ce qui n’allait pas mais sans vraiment comprendre. Mes parents ont eux aussi été convoqués et quand ils sont rentrés, j’ai cru que le ciel me tombait sur la tête. J’étais une fille difficile qui en plus se plaignait. Mais la directrice avait remarqué quelque chose, et avait dit à mes parents de me faire passer un test de QI. Et c’est donc grâce à elle que j’ai pu consulter une psychiatre qui a enfin mis un mot sur ce que j’étais : autiste.

Voir également l'article La journée de Pauline, lycéenne avec syndrome d'Asperger.

Le divorce des parents, vécu par une ado autiste
Tag(s) : #Témoignages

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