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Voici un extrait très intéressant d'un dossier rédigé par Christine Philip de l'INS HEA sur le fonctionnement autistique (article tiré de "La nouvelle revue de l’adaptation et de la scolarisation" - n° 60 • 4e trimestre 2012) :

Temple Grandin considère que son intelligence autistique lui permet de mieux comprendre les animaux que les autres humains non autistes (...) Oliver Sacks, neuropsychologue qui s’est intéressé à Temple Grandin, ne peut s’empêcher de s’étonner de cette capacité de Temple d’être ainsi sensible aux animaux et si insensible à ce que peuvent éprouver les êtres humains : « Je fus frappé par la différence colossale – un véritable gouffre – entre la capacité de Temple à reconnaître immédiatement et intuitivement les humeurs et les signes des animaux et ses extraordinaires difficultés à comprendre les êtres humains, leurs codes, leurs signaux et leurs comportements ». Elle était en phase avec tout ce qui était physiologique, sensoriel, mais en grande difficulté pour éprouver de l’empathie pour les émotions humaines. Elle considère elle-même que c’est son fonctionnement autistique, beaucoup plus près de la sensorialité, qui la rend ainsi apte à comprendre les animaux. En fait elle est beaucoup plus proche des animaux que la plupart des êtres humains qui fonctionnent essentiellement quant à eux dans les registres de la pensée et de l’émotion que dans le registre de la sensorialité. Dans son dernier livre, traduit en français, qu’elle a consacré aux animaux, Temple Grandin fait remarquer que « les perceptions sensorielles des êtres humains sont aussi abstractisées que leur intelligence ». Elle considère qu’en tant qu’autiste, elle est beaucoup plus proche du fonctionnement animal que nous autres non-autistes : « les animaux et les autistes ne voient pas une idée des choses mais les choses elles-mêmes. Nous voyons tous les détails qui composent le monde, alors que les personnes normales voient les détails dans des représentations conceptuelles du monde ». Ainsi Temple sait repérer tous ces petits détails sensoriels qui effraient les animaux d’élevage comme les reflets brillants dans une flaque d’eau, les bruits métalliques, les reflets sur du métal poli, les sifflements d’air ou encore les morceaux de film plastique qui s’agitent... C’est ainsi qu’elle a su tirer parti de son intelligence autistique pour développer sa compréhension du monde animal. On retrouve donc cette idée de L. Mottron de l’autisme comme autre intelligence qui conduit pour la première fois à penser l’autisme en termes positifs, en termes de compétences et non de déficits.

Voir le dossier complet sur le fonctionnement autistique.

Tag(s) : #Lectures, #Liens, #Autisme, #Syndrome d'Asperger, #Des pistes

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